Kōya-san

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Après notre passage à Kyoto, nous sommes allés prendre le frais sur les hauteurs de Kōyasan, un village-monastère niché dans les montagnes japonaises, qui nous a accueilli dans l’un de ses cent établissements religieux et où l’on a goûté le shōjin, une cuisine végétarienne délicieuse préparé pas les moines.

C’est assez fou d’apprendre que le site de Kōyasan n’a été inscrit qu’en 2004 au Patrimoine mondial de l’humanité, alors qu’il s’agit de l’épicentre du bouddhisme Shigon au Japon, qui aurait été transmis par le moine Kukai vers 816 ( qui n’a rien à voir avec Sankukai 🙂 ), soit pour les japonais, ce lieu est carrément un champs spirituel de la plus haute importance, qui influence et fait partie intégrante de l’histoire religieuse du pays.

Un endroit peu visité des touristes, difficile d’accès et pas forcément proposé dans tous les itinéraires; mais on a voulu y aller pour de s’immerger dans son ambiance très particulière, plutôt que d’aller se prélasser sur un plage tropicale d’Okinawa ( oui je sais ça peut paraître un peu étrange; j’ai longuement hésité !! mais bon la plage pas de besoin d’aller jusqu’au Japon… ). Et à vrai on avait tellement aimé l’atmosphère géniale du Ladakh, qu’on avait envie de se replonger dedans et partager la vie des moines ( enfin « partager » est un grand mot einh, c’était plutôt passer la nuit dans un ryokan dans un temple et assister aux prières matinales, mais c’est une chance d’avoir pu pouvoir le faire ).

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Koyasan est entouré de huit montagnes qui sont assimilées au lotus à huit pétales où siège Bouddha, sa situation est donc un symbole fort de la religion Shingon. On y accède par train depuis Osaka ( depuis Kyoto c’est possible, mais plus compliqué ), puis on prend un funiculaire ultra penché, avant d’arriver à un bus qui va serpenter jusqu’à vous déposer à votre temple. C’est un trajet au long cours, mais qui vaut la peine.

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Koya paysage

Koya train

Koya montagne

Koya mobiles

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Koya funiculaire

En voiture !

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Notre ryokan ( auberge traditionnelle ) fut le temple Eko-In ( aucun lien avec un Holiday-Inn évidemment 🙂 ohohohoh quel humour ). Sur place, ambiance backpackers-zen, on se croise on se dit bonjour avec discrétion, puis on ferme le panneau coulissant de papier et on ne fait pas de bruit ( c’était bien agréable d’être avec des hôtes calmes et respectueux, ce qui n’est pas plus mal quand on doit partager une maison et ses sanitaires ). Et j’ai souvent du mal à partager un espace avec d’autres personnes, se retrouver en promiscuité, avec des gens qui laissent tout trainer, qui sont bruyants, qui ne respectent pas grand chose, à cause de ça, je ne fais pas de camping and co. ( sauf le camping sauvage ).

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Koya temple

Koya pluie

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Koya porte temple

Koya cafe

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Ceci n’est pas un muffin, c’est juste une super bonne imitation ! Tout comme dans les vitrines de tout restaurant japonais qui se respecte. Un des seuls cafés du village, bienvenu après une visite des environs sous la pluie ! Mais, impossible de vous donner le nom, c’était tout en japonais. ( mais c’était à côté du café Nishiri, rue Odawara, à 50m de l’entrée du temple Kongobu-ji )

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Koya prieres

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Koya papier

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Les moines, qui sont en majorité très jeunes ( beaucoup de temples sont aussi des écoles bouddhiques, et il y a même une université ! ), se chargent de votre accueil et de votre confort; ils vous apportent le repas, vous déplient les futons pour la nuit, briquent la maison quand vous partez, avec une extrême gentillesse. Ce sont aussi les seuls qui parlent quelques mots d’anglais, qui s’occupent des hôtes. Et évidemment la nuit, chacun dort de son côté, les religieux ont leur pavillon et les apprentis bouddhistes d’une nuit ont le leur, on ne dort pas avec les moines bien-entendu.

Une des grandes découvertes culinaires du voyage ( pffiouuuu, si c’était la seule ! ), a été le repas végétarien.On s’était dit « bon, veggie ça ne va peut être pas le faire, mais on vient ici pour l’expérience « , et en fait, ça nous a prouvé les innombrables possibilités de cuisiner les légumes entre eux, avec différentes saveurs qu’on laisse trop souvent de côté dans notre cuisine occidentale; comme l’amer et l’acide, et pourtant, lorsqu’elles sont bien préparées, mariées entre elles, et assaisonnées, offrent un repas juste incroyable et surprenant. Même si on ignore ce qu’il y a dans son assiette :). Un gastro-award pour le meilleur tofu jamais goûté, encore chaud car tout frais, extraordinairement fondant comme une crème, mhhh !!

A 19.00, nous avions fini de manger ( dire que c’est l’heure du goûter en Espagne ) et comme il n’y a rien à faire le soir à Kōyasan, on termine sa soirée généralement en lisant, dans un calme monastique. A 21.00 une petite musique cristalline nous dit qu’il est l’heure d’éteindre nos lanternes, et bizarrement on ne s’y refuse pas, on est étrangement fatigués … l’air de la montagne ?

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A 5.30 on a été invités aux prières matinales. Ce n’est pas une obligation ( mais conseillé ) mais c’est dommage de rester dans son futon si on vient pour ça ( surtout que c’est impossible d’utiliser l’excuse pourrie d’une éventuelle soirée tardive vu qu’il n’y aucune animation dans les alentours ).

La prière du matin est un moment de recueillement pour tous ( de semi-sommeil aussi; je vous avoue avoir eu un oeil fermé et l’autre ouvert ), un cérémonial captivant et apaisant qu’il est difficile de décrire, mais c’est super intéressant d’y assister. S’en est suivie la cérémonie du feu, au cours de laquelle on brûle les prières que les gens ( sur demande ) pour que les voeux soient réalisés. Là, c’est carrément hypnotique, les flammes s’élèvent crescendo pour danser énergiquement accompagné du chant d’un moine ( un autre frappe le gong, ce qui crée un rythme endiablé ), on a été complètement absorbés..

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C’est dans ce ryokan que j’ai découvert le onsen, le bain commun japonais aux vertus relaxantes, également équipé de douches. C’est là que les hôtes sont invités à se laver et se détendre le matin ( et même le soir, les horaires sont variables ). Comme le Japon est un pays à forte activité volcanique, le onsen offre, au départ, un bain thermal intérieur ou mieux, extérieur, dont l’eau est issue des sources telluriques aux propriétés médicinales réputées. Beaucoup n’en bénéficient pas, mais sont intégrés au mode de vie local et on les trouve dans la plupart des ryokans, comme le nôtre. Donc … pas d’autre alternative que la nudité ( entre filles ) si on veut sa douche ( hhiiiiiiiiii ! ) ça m’a demandé un effort surhumain, et je n’ai jamais réussi à être à l’aise.

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Koya cedres

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Koya Porte

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A Kōyasan, il y a évidemment des temples, comme le Kongobuji, des chemins de pèlerinage ( attention il parait qu’il y a des ours dans les parages ), mais surtout un cimetière époustouflant dans une forêt de cèdres séculaires, le Okunoin ( qui abrite le mausolée du même nom, dédié à Kukai ) et qui abrite plus de 200 000 tombes de nobles, de samouraïs, et aujourd’hui de gens plus modestes ! C’est un lieu mystique presque fantastique, à visiter à la tombée de la nuit histoire de se faire peur 🙂

C’est là où j’ai pris la plupart des photos de cet article, tellement j’ai été absorbée. Les sépultures ont toutes des particularités, stèles, totems, stupas tibétains, et certaines ont été scuptées en hommage au défunt; on verra alors surgir une fusée, des ouvriers s’il s’agit d’une entreprise, un chien… c’est assez décalé, par rapport aux tombes centenaires recouvertes de mousse qui se confondent avec le sous-bois.

Et comme dans tout cimetierre qui se respecte, il a ses légendes. Les tissus rouges que vous avez vu sur les photos, sont une protection envers les jeunes enfants nés que remettent shintoïstes et bouddhistes au Dieu Jinzo. Au bout du sentier principal encadré par des lanternes de pierres, on arrive à l’Okunoin Gobyo, le temple des lanternes, où brulerait le feu depuis près de 900 ans.. Bref cet endroit dégage une atmosphère d’immortalité et de sérénité, pas du tout glauque comme un cimetierre normal, et passionant à visiter.

Plus d’histoire et des photos magiques par ici.

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Koya Light

Koya chemin

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12 commentaires sur « Kōya-san »

  • Superbes photos et superbe article ca donne envie d’aller visiter ce coin. Et tes photos du ryokan me rappellent des souvenirs. La douche au onsen aussi 😉

  • J’ai hate de visiter cet endroit le mois prochain !
    L’aisance en onsen viendra avec le temps, c’est tellement agreable qu’on en oublie vite la gene d’etre tout nu, surtout que personne ne se scrute.

    As tu vu le mémorial en l’honneur des termites ? C’est une société d’insecticides qui l’aurait érigé dans le cimetiere, et j’ai bien envie de voir ce truc loufoque !

  • AAAAh ça me rappelle tant de souvenir!! Je suis partie faire le tour du japon en stop (sauf Okinawa) pendant 3 mois (de mars à mi-juin), et tout me replonge dans le voyage… le ryokan, les onsen, la nourriture, les temples (j’ai fait une partie du pèlerinage des 88 temples de shikoku, c’etait magique!). Très bel article!

  • Je pars dans un mois pour un Grand Voyage en Asie d’un an minimum (qui démarre au Sénégal… ;)) et le Japon est ma destination tant attendue ! Avec ce très bel article, je trépigne d’impatience de pouvoir poser le pied sur cette terre pleine de spiritualité !

  • Nostalgie… J’ai l’impression de me retrouver en mars où j’ai fait le même voyage, les mêmes visites sous la pluie, et Eko-in aussi! Quels moments fantastiques j’ai passés, l’un de mes meilleurs souvenirs de vacances!

  • Très joli reportage… Les photos sont sublimes… Et mon goût pour les jolies choses me pousse à te demander ce que signifient les jolies suspensions de globes en verres avec leurs étiquettes que tu nous montres dans ce reportage ?
    Merci pour l’info
    Cordialement

  • @ Eugénie; Non je ne l’ai pas vu dommage! Il faisait presque nuit et c était moins facile de repérer certaines tombes en particulier

  • @KalingaOneWay; tu en as de la chance, bon voyage alors ! Garde le Japon pour clore !

  • @ Creastucieuse; malheureusement, je n’ai eu ni temps ( sur le point de partir en train ) ni l’occasion de pouvoir le demander à quelqu’un. Peut être des cloches en verre décorées par les élèves moines … j’aurai bien aimé le savoir aussi.

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