¡ Torrijas !

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Pour changer des cours espagnols habituels, mon prof m’a proposé de réaliser une recette qu’il avait l’habitude de faire en famille depuis qu’il était petit; les torrijas, la version ibérique du pain perdu.

Plutôt ludique comme cours, et vraiment intéressant car je ne rencontre pas tous les jours des gens qui me parlent de leur culture avec autant de plaisir et qui me confient pleins de petites anecdotes ( culinaires ou pas ) sur les madrilènes et leur façon de vivre en général.

Voilà, les torrijas. Une recette si simple que j’ai eu envie de vous donner, et vraiment délicieuse.

Le jeu était que je mette la main à la pâte, tout en parlant espagnol, ce qui n’était pas chose facile vu mon niveau très, mais alors très élémentaire. Pour l’approvisionnement, pas facile non plus; les ingrédients sont basiques mais parmi eux, de la vanille et j’ai eu beaucoup de mal à la dégoter; ici j’ai l’impression que personne n’en vend, et que les gens ne semblent à priori pas très emballés par la pâtisserie. Ou peut être, les desserts sont de composition un peu différente de nos habitudes françaises. Bref, une bonne galère plus tard, je reviens d’un petit commerce de quartier, triomphante avec deux gousses de vanille à la main, j’ai bien cru ne jamais y arriver.

On commence la recette, on mélange le lait entier porté à tout doucement à ébullition avec les écorces de citron et d’orange, la canelle, et la fameuse vanille, et là poum ! une odeur fantastique s’en dégage. 20 minutes plus tard, on verse ensuite le tout sur du pain blanc « candeal » ( de campagne ) assez étouffe-chrétien il faut le dire, jusque là tout va bien. Les tranches reposent dans le lait pour bien être imbibées.

Ensuite, mon prof me demande gentiment de ranger ma cuiller à soupe au placard pour verser l’huile directement à même la bouteille ( sans me donner de quantité précise, là je suis perdue ). Comme je reste plantée là , il verse lui même  l’huile et vide de moitié la bouteille et là je reste toujours plantée là Ohh scandale !

Les tranches de pain trempées au préalable dans les oeufs ( blanc et jaune ensembles ) recto-verso, sont ensuite immergées dans leur piscine d’huile et se trémoussent au rythme du feu. Une vision d’horreur pour une parisienne comme moi qui a été enlevée dans la dictature de la non-huile, encore moins frite.

Enfin, j’exécute la suite de la recette concencieusement, et attend de voir le résultat. Après l’épreuve du feu, l’épreuve du miel. Rebellotte; la moitié du miel est déversée sur le pain. Je finis par  lui dire que non, ce n’est pas possible de réunir toutes les calories de la terre dans un dessert, mais lui m’avance qu’en fait ce n’est pas si gras que ça, car l’oeuf autour crée une écorce qui imperméabilise le pain; l’huile n’est donc, comme par magie, pas absorbée. Mouais. On laisse reposer les tranchettes sur une double épaisseur de sopalin. Ensuite, lorsque ça refroidit, on met le tout au frigo pendant quelques heures.

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Le lendemain matin, verdict; les Torrijas sont goûtées par notre famille et nous, et c’est vraiment vraiment bon ( et frais, car il fait très chaud en ce moment ), tout le monde mange sa tranche sans sourciller. La croûte formée autour du pain est épaisse et bien frite, mais en effet à l’intérieur je reconnais qu’on ne retrouve que lait, fruits et épices marinés, un délice ..

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Ce qui est drôle dans cette histoire, c’est que le cours suivant, nous avons préparé des mini madeleines à la fleur d’oranger, une de mes recettes favorites que je vous avais livrée ici ( on aussi fait de la conjugaison et de la grammaire ).

Et au final j’ai fait fondre une motte de beurre quasi entière ..

Il m’a dit qu’il allait volontiers refaire la recette, mais en remplaçant mon beurre par de l’huile d’olive .. Bon bah, chacun ses préférences ! ( Ok ok je respecte … même si je reste persuadée que pour les desserts c’est quand même le beurre qui est meilleur au goût éh éh .. )

 

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*Les ingrédients des Torrijas *

Pour un demi pain blanc ( 8 grosses tranches ):

1 litre de lait entier

L’écorce d’une orange + celle d’un citron

1 gros bâton de canelle

2 gousses de vanille fraîche

1 dé de liqueur d’anis ou de rhum

1/2 bouteille d’huile d’olive

3 oeufs entiers mixés

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La recette est dans le texte au-dessus, pas plus compliqué que ça …

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7 commentaires sur « ¡ Torrijas ! »

  • miam, je note et j’essaie bientôt! enfin sans le bain d’huile peut-être 😉
    mais par contre: ça se mange froid du coup ou on peut goûter tout de suite? c’est sur qu’une fois refroidi, ça doit être bien croustillant! et autre question: tu fais tremper les tartines dans le miel aussi avant de les laisser reposer sur du sopalin, c’est ça?
    pour l’huile, c’est vrai que les espagnols sont les rois de la friture! je me demande parfois comment ils font pour cuisiner certains plats en pleine chaleur estivale… dans certains restos, il est parfois difficile de trouver la petite salade vitaminée dont on aurait bien envie par 40°C… bon, je vais voir ta recette de madeleines maintenant!

  • @ Laurence
    Ca se mange froid, mais après les avoir goûté, je pense que je les préférerais tièdes ..
    Pour le miel, tu les trempes recto-verso, et tu les laisses dans une assiette creuse. Enfin, les égoutter est je pense une bonne idée, ça limite les calories ..

  • Ce pain perdu à l’espagnole n’est vraiment pas mon truc … C’est tout gras, rien que de les voir, je ne les trouve pas appétissants … Je préfère les « bunuelos » qui, s’ils sont bien faits, ne sont pas aussi huileux …

    http://blogmoodeuse.blogspot.com

  • @ salima
    Il faut que j’y goûte, car en général je prend très peu de spécialités sucrées en Espagne ( peut être parce que je mange trop ! )
    Et je pourrai faire une comparaison alors !

  • Ah les espagnols et le gras, tout un poème… En fait je crois qu’en France on est vraiment doués pour la pâtisserie fine et légère (enfin façon de parler).
    L’huile d’olive dans les gâteaux… je crois que je préfère encore le beurre 🙂
    Ceci dit le début de la recette est super alléchant ! 😀

  • Pour les madeleines à l’huile d’olive, j’ai eu l’occasion de goûter, et effectivement, ça vaut le détour. Finalement l’huile d’olive parfume juste ce qu’il faut, ce n’est pas du tout écœurant, et puis on se dit aussi que c’est meilleur pour la santé !!!

  • @ julie

    En effet, ça vaut peut être la peine de gouter, tu n es pas la seule a recommander l huile d’ olive ..

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